L’origine de la Trollique

A l’origine était le Troll. Dépourvu de la plus infime connaissance du monde, en totale inadéquation avec son environnement, le troll luttait uniquement pour sa survie, s’enfonçant dans les profondeurs du sol pour aller quérir sa maigre pitance.

Mais peu à peu, à la faveur de nombreuses expositions aux radiations solaires, les trolls acquérirent un sens un peu plus aigu de leur milieu. Ils s’aperçurent alors qu’ils vivaient sur un sol désertique, sans aucun intérêt et d’une insupportable clarté. Leur vue s’adaptant infiniment mieux à la pénombre des nombreuses cavernes qui s’enfonçaient dans le sol, ils décidèrent de migrer en profondeur et découvrirent ainsi un monde torride, aux couleurs chatoyantes, imprégné d’une indéfinissable sensation ondulante qui aiguisait leurs sens et qu’ils nommèrent magie. Pour la première fois, le troll commença à s’intéresser à autre chose qu’à l’assouvissement de ses instincts les plus primaires. Pour la première fois, il décida de donner un nom aux choses et appela ce monde le Hall.

Des centaines de cycles plus tard, cette recherche incessante de la vérité, cette quête du savoir et son partage pour le bien de la trollanité serait nommée la Trollique.

Définition succincte de la Trollique

La Trollique regroupe donc la somme des connaissances encyclopédiques sur le troll et son milieu. L’un des apports les plus réputés de la Trollique est certainement la découverte de l’émission d’une intense énergie, lors d’une double collision entre le troll et le milieu environnant (le dit milieu étant le plus souvent un monstre ou un autre troll). Cette expérience simple, appelée Q-µLe par les Trolliciens, est plus communément dénommée la Sainte paire-de-Baffes par un certain nombre de mystiques.

Les pionniers de la Trollique Hallienne

Mais si la Trollique permet au troll de mieux comprendre son environnement, son étude n’intéresse malheureusement qu’une poignée d’irréductibles, la plupart des trolls préférant de loin s’entretuer, ripailler, baffrer toutes sortes de monstres ou vaquer à de nombreuses autres occupations plutôt que d’étendre le savoir du Hall.

Parmi ces irréductibles, les Cyclotrolls furent sans doute les premiers à créer une structure entièrement consacrée à la Trollique. Ils posèrent ainsi les fondements des mathématiques halliennes ([1], [2, [3]) et de la physique quantihallique ([4], [5], [6])

Deux rencontres historiques

la Collision Madcyclotrolls / Teutrolliques en milieu confiné

Les cyclotrolls furent toutefois promptement rejoints par la guilde des chevaliers teutrolliques lors d’une collision expérimentale mémorable entre les Madcyclotrolls et quelques Teutrolliques qui donna naissance à la première contribution de nos moines-chevaliers aux lois de la Trollique : L’efficience de la combinaison Pistage/DE/Collision dans un espace à 5 teutrolliques et un tomawak Madcyclotroll [7]. De cette première rencontre, naquit une amitié indéfectible et un respect mutuel entre ces deux guildes. Nombre de chevaliers décidèrent de s’investir dans divers aspects de la Trollique afin d’apporter leur pierre à l’édifice de cette science moderne Hallienne. (On retiendra notamment ces quelques contributions publiées dans l’excellent journal Trollical Review Letters : [8], [9]).

La rencontre avec les BK et la naissance de C-dO

Depuis peu installées dans le village du centre du monde, une nouvelle rencontre devait bientôt marquer l’histoire de nos deux guildes : celle de Kryzanthèmes, sorte d’alchimo-fleuriste et de ses comparses et amis, Gambrinus, Danemba et Salvatroll de la guilde des Brah-Kacés, dont la totale désorganisation et l’enthousiasme au combat («Super, un TK de 60 mouches, tous dessus !») nous plurent tout de suite. Peu de temps après, une découverte stupéfiante et majeure de la Trollique devait marquer à jamais ces 3 guildes et entériner une intense collaboration entre elles : l’observation de nexus systématiques de pseudo-dragons et diablotins à des profondeurs insoupçonnées [10].

Suite à cette découverte, une idée folle émergea peu à peu : obtenir une vue sub-exhaustive du Hall connu pendant au moins un cycle. C’est ainsi que naquit peu à peu le projet Clin d’œil ou C-dO.

A partir de vulgaires potions remèdes pour mal-voyants, l’alchimiste en titre des BK se mit à mélanger dans tous les sens dans le but d’obtenir des breuvages qui décupleraient la vue de notre expérimentateur Tomawak, Boorhïn. Le CCM décida de participer au projet en apprenant gracieusement à notre expérimentateur à lancer le sortilège de vision accrue. Pendant que nous bidouillions les parties de l’accélérateur de vue, machine dans laquelle Boorhïn allait devoir s’installer pendant l’espace d’un mundidey complet, la 101ème aérotrollportée vint nous offrir ses services pour nous escorter dans les profondeurs du Hall. Une fois les portails de téléportation passés et la position idéale atteinte (centre du Hall, 73ème sous-sol), l’expérience put commencer. Boorhïn se mit en transe et reçut ses divers breuvages. Ses yeux et son cerveau grossirent tellement pendant l’expérience qu’on le confond encore aujourd’hui, après plusieurs cycles, avec un mégacéphale. Des confins au centre du monde, nous eûmes la vision de tout le hall connu et pûmes observer l’évolution d’environ 12500 trolls et 25000 monstres dans leur milieu naturel. Cette expérience nous permit ainsi de jeter les fondements de nombreuses branches de la Trollique [11].

Apports de la Trollique appliquée à l’extinction des Crascs

Au même moment, une malédiction frappait le Hall par l’apparition d’une nouvelle famille de monstres : les Crascs. La multiplication soudaine de ces monstres absorbeurs de magie menaçait gravement l’équilibre magique du Hall et entraînait une chute incessante de la magie des trolls.

De nombreux trolls pensèrent que le seul moyen de rétablir le tissu magique qui menaçait de se déchirer était l’extinction complète de la famille. Ainsi vit le jour le GIAC (Groupement d’Intervention Anti-Crascs). Mais les acteurs de cette quête ne voyaient pas comment éradiquer ces Crascs, éparpillés à travers le Hall, certains cachés aux confins ou dans les profondeurs, le plus vite possible avant que tous les trolls ne perdissent définitivement leur magie.

Nous utilisâmes alors la vue de Boorhïn, toujours en transe pour C-dO, et établîmes une cartographie des crascs. Puis, nous prîmes la décision d’envoyer et de répartir les guerriers du GIAC dans toutes les régions ou pullulaient ces infâmes créatures. En l’espace de 15 jours, la totalité des Crascs fut éradiquée avec un taux d’extinction moyen de 8 individus/jour ! Cet exploit est relaté en détail dans les archives du Hall sous le nom de «Crise des Crascacés» [12].

Une bataille mémorable

La chronophage Trollique demande parfois quelques saines occupations légères afin de reposer l’esprit. Et dans ce cas, rien ne vaut une bonne bataille.

Il arriva ainsi que quelques Madcyclotrolls et leurs alliés Hassanjins ayant quelques comptes à régler avec les ASK, battirent le rappel des troupes teutrolliques afin d’établir un siège autour de leur tanière en attendant le retour de ces amusants Kastars.

Dès que les premiers ASK furent arrivés, ils eurent la mauvaise surprise de découvrir une vingtaine de trolls dans l’enceinte même de leur tanière, complètement pétés au calvok, baffrant à tout-va, pillant leur garde-manger et en train de faire des graffitis sur les murs.

Leur surprise passa très vite et les invités peu désirés ne laissèrent pas le temps de protester aux infortunés ASK de retour vers leur tendre chez-eux. Nous tînmes ainsi le siège pendant un mundidey, dévalisant la tanière, égorgeant les quelques membres de cette guilde qui pensaient rentrer bien tranquillement, jusqu’à l’arrivée d’un nombre impressionnant de leurs alliés : source de l’obscurité, trollonisateurs, masques de la nuit. Une réorganisation des forces en présence s’imposait : les Brah-Kacés arrivèrent alors à notre secours par portail et nous rejoignîmes promptement leur armée.

Pendant 2 jours, il nous fut possible d’observer deux armées de 25 trolls à 10 cavernals l’une de l’autre, se regardant en gowap de faïence, grognant et gesticulant, dans l’attente du signal qui déclencherait la bataille. Quelle hargne, quelle allure que ces trollinets Brah-Kacés d’à peine 8 mouches qui siégeaient parmi nous, prêts à en découdre avec cette armée de TK dont la plupart voyaient déjà plus d’une trentaine de mouches graviter autour de leurs armures clinquantes.

Mais la témérité ne dure qu’un temps dans la froideur des tranchées et l’attente et la perte pour le moins expéditive de plusieurs compagnons pesa lourdement sur le moral des troupes. C’est pourquoi, après ce siège mémorable et cette tenue si honorable de nos troupes, nous décidâmes de fuir par portail et de nous replonger dans l’étude de la Trollique, face à l’armée ennemie qui grossissait à vue d’œil, telle la tumeur cancéreuse d’un vieux troll malade et décrépit.

La révélation trollistique : la fondation de la Trigoniae Trollicarum

On ne sait pas si certains Dieux du Hall (d’ailleurs les Dieux Halliens existent-ils ? Vaste question de philosophie Trollique auquel certains d’entre nous tentent de répondre) ; on ne sait pas, donc, si d’hypothétiques Dieux du Hall, intéressés par ces trolls avides de savoir que nous étions mais quelque peu désorganisés, décidèrent alors de nous faire parvenir un message ; ou si un quelconque huluberlu sortit une phrase de nulle part.

Mais quoi qu’il en soit, ce que nous considérâmes sur le moment comme un oracle éclairé confia cette phrase mystérieuse à une poignée d’élus surexposés au soleil : « Butt’ Der Hyze…euh…Niou hOp’ »

Bien qu’aucun d’entre nous n’ait jamais compris le sens profond de ces mots, nous comprîmes qu’il était temps de nous rassembler, qu’il était temps d’œuvrer pour développer toutes les branches inexplorées de la Trollique, qu’il était temps de multiplier les expériences, qu’il était temps de jeter les fondements de la nouvelle Trollique en marche, et qu’il était temps pour cela de fonder une nouvelle confrérie afin de répandre le savoir à travers le Hall avec cette unique devise : « Soyons Troll mais pensons-y ! »

La Trigoniae Trollicarum est impliquée dans de nombreuses disciplines de la Trollique telles que:

  • la collision troll-troll à haute énergie, étude des particules et évolution trollesque [chef de projet : lulud, laborantin : Drago, cobayes : qui sait?)
  • L'étude sociologique des trolls impulsifs [chef de projet: Kadjar]
  • La phylogénie streumologique : Expérience de dissections à la chaîne (sans boulet) [chef de projet : NA]
  • L'étude des particules magiques et leur implication dans l'évolution du troll moyen [chef de projet: Boorhïn, chercheurs associés : Kal, Gro']
  • La Hallographie en phase gaseuse (port de la cagoule de sécurité obligatoire) [chef de projet : Shogoki]
  • L'isotrollpie du Gob14 et l'histoire des premiers trolls
  • Topologie de l'unité Péhikse : analyse en 4D de sa constante discontinuité.

Bibliographie

[1] Ludwig von MST, 2004a. Axiomes des mathématiques trollesques. Trollical Review Letters, mathematical series, 1. mh-doi: troll-math/0409001m

[2] Ludwig von MST, 2004b. Marches aléatoires et modélisation du troll ivre. Trollical Review Letters, physics series, 5. mh-doi: troll-ph/0409005

[3] Shogoki, 2004a. Des Trésors et de leurs secrets. Trollical Review Letters, physics series, 6. mh-doi: troll-ph/0409006p

[4] Shogoki & Nemrod, 2004. Bases d’une théorie des champs trollesques. Trollical Review Letters, physics series, 1. mh-doi: troll-ex/0410001

[5] Cosmotroll, 2004. Reply to : Bases d’une théorie des champs trollesques by Shogoki et Nemrod, 2004. Trollical Review Letters, physics series, 2. mh-doi: troll-ph/0409002

[6] Shogoki, 2004b. Bosons magiks et statistiques de Bose-Einstein. Trollical Review Letters, physics series, 3. mh-doi: troll-ph/0409003p

[7] Gronïk & Boorhïn, 2005. Efficience de la combinaison pistage/DE/collision dans un espace à 5 Teutrolliques et un tomawak MadCycloTroll. Trollical Review Letters, theoretical series, 1. mh-doi: troll-ex/050801

[8] Gronïk, 2005. Phylogénie streumologique des familles du Hall. Trollical Review Letters, physics series, 219: 1-4. mh-doi: troll-ph/0510219

[9] Boorhïn, B.M., 2005. Sur la présence de l’anti-tom’, la mot’ : Un nouvel aspect de la trollique quantique. Trollical Review Letters, mathematical and statistics series, 1: 1-4. mh-doi: troll-MST/0601002

[10] Shogoki, 2005. Trollique expérimentale : du spawn des monstres. Archives du Hall, 61817, 1-4. mh-doi: forum.lemondedemountyhall/61817

[11] C-dO Team, 2006. Apports du projet C-dO à la connaissance du milieu Hallien. Cyclotrollic Institute Editions, 15pp. mh-doi: forum.cyclotrolls.be/151

[12] Gronïk, 2006. La Crise des Crascacés : historique et conséquences. Archives du Hall, 68636: 1. mh-doi: forum.lemondedemountyhall/68636

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